ARMELLE
6 ans
C'est un texte que j’ai du mal à écrire. C’est beaucoup plus facile de déblatérer sur une vague, un café ou une plante que sur les gens qu’on aime. On n’y met pas la même intention, on ne fait pas les mêmes blagues. Même si, entre nous, tout a commencé avec des blagues.
Beaucoup de blagues, un peu de piques aussi mais on ne va pas m’enlever ça. L'autre jour je me suis amusée à retrouver nos anciens messages, ceux qui datent d’il y a vraiment longtemps. Amis à l’époque, on se marrait bien. On se marre toujours, mais avec l’amour, la vulnérabilité, les disputes aussi, en plus. Je suis un peu nostalgique de cette époque, les débuts, on se tourne autour et on ne vit presque plus que pour ça.
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En même temps, 6 ans ont passé et presque rien n’a changé.
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J’avoue, j’ai toujours la même hâte quand je reçois un de tes messages alors que je suis au travail, que je t’ai vu le matin et que je te retrouve le soir, j’ai toujours envie de te faire rire, j’ai toujours envie de t’impressionner. Parfois, j’ai peur que tu te lasses, que t’en aies marre, que finalement 6 ans, ce soit long et qu’il n’y ait plus de surprises. Mais j’ai décidé que de devenir blonde juste pour la surprise ne valait pas le coup. Alors, je crois que je suis restée un peu la même, même si j’ai grandi, forcément. De toi, j’ai appris la patience et le détachement, l’optimisme et la croyance en la vie, les petits plaisirs, la sécurité, les bons plats cuisinés, le camping, les dimanches sans déprime, regarder un match de foot en entier, puis regarder les meilleurs moments du match de foot qu’on vient de regarder en entier, puis écouter un podcast sur le match de foot qu’on vient de regarder en entier.
Parce que tu m’aimes, je crois, quand je suis belle et moins belle (ça arrive très rarement), malade, les cheveux sales, stressée, énervée, folle (ça arrive souvent), fatiguée. Tu m'aimes même si j’ai toujours raison, que j’ai une tendinite qui m’empêche de faire la vaisselle depuis 6 mois, tu m’aimes même si je suis beaucoup plus drôle que toi.
Moi aussi, je t’aime. Parce que tu me laisseras toujours écrire ce que je veux, que tu me soutiendras quoi que je veuille faire, parce que tu crois en moi comme jamais je ne pourrai croire en moi, parce que t’es un appui, un roc, que tu me rends la vie plus simple et plus douce, que parfois tu m'énerves mais ça me permet de travailler ma patience (cf ci-dessus). Parce que t’es là, que tu me supportes dans tous les sens du terme et surtout, parce qu’avec toi, tout finit toujours bien.